Comment vivre l’alpinisme?

Nous manquons d’aventure. Nos vies sont tellement planifiées que nous ne savons plus quel en en est le sens. Et pourtant, même si c’est à chacun de nous de lui en trouver un, c’est-à-dire une direction mais aussi une raison, se pose la question de sa qualité.

Comment vivre intensément ses émotions et ses relations avec les autres ?

J’ai trouvé après m’être libéré de la scolarité, une belle activité qu’est l’alpinisme. Comme je débutais avec des amis, c’était simple de vivre des aventures : nous partions en montagne, avec souvent de mauvaises stratégie et du matériel lourd, c’était rude et on nous étions bien content d’en découdre. Et puis nous avons progressé, sommes devenus guides, des professionnels en somme. Aujourd’hui nous tentons des voies dures, parmi les plus dures, avec du bon matériel et de bonnes informations, une météo fiable… Maintenant ce n’est plus pareil. Nous avons déplacé le problème. Avant c’était un problème d’ensemble, de recherche d’itinéraire autant que de technique et de stratégie.  Maintenant pour trouver les mêmes problèmes qu’à nos débuts, on doit partir en expédition. Tout est trop réglé, informé, ou plutôt conformé : d’abord nous choisissons le bon créneau météo, avec un isotherme bas et aucun risque d’orage. Les horaires de la voie sont connus donc avec un sac léger ca devrait passer sans bivouac. Le topo est réactualisé, et un collègue nous a donné les infos sur le passage de la rimaye ainsi que sur descente, qui d’ailleurs est tracée… Pour le matériel, même plus besoin de planter un piton, ils sont en place. Peut être que ce sera difficile de passer en dry, mais en artif aucun souci, d’autant plus que le plaquage est bon cette année. Nos lampes frontales dernières générations nous permettrons de continuer de nuit et si l’on se blesse ou si c’est vraiment la galère, le PGHM est efficace. En fait, je ne sais même plus pourquoi j’y vais tellement les problèmes sont résolus d’avance.

Dans notre métier c’est différent sur le plan technique car l’incertitude technique se place du côté du client. Mais notre devoir de professionnalisme et d’efficacité nous impose de choisir la voie à son niveau.

Alors comment revivre ces émotions, ces incertitudes, ce plaisir de réussites improbables mais aussi ces retraites chaotiques ? Comment vivre l’alpinisme en tant que voyageur, en tant qu’émerveillé qui cherche sont chemin et qui se perd sans cesse mais sait se retrouver ?

Et comment le vivre dans les alpes ?

Peut être en prenant moins d’infos, ne pas lire un topo ni une carte, juste partir avec la  voiture, choisir une route au hasard et puis marcher avec son réchaud et son duvet en espérant quand même un bivouac pour s’abriter en cas de mauvais temps, et puis tenter… sans savoir vraiment ou aller.

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