Apprécier les singularités

Connaissez-vous l’histoire du type qui cherche sa clé à la lumière d’un lampadaire? Arrive un passant qui lui demande:

– Vous cherchez quelques choses?

– Oui je cherche ma clé, je l’ai perdue !

– Mais vous êtes sur que vous l’avez perdue au pied de ce lampadaire?

– Non, mais il n’y a de la lumière qu’ici!

Il peut y avoir bien des morales à cette histoire mais une coule de source : on ne cherche que là où nous pouvons trouver.

Mais encore : on ne remarque que ce qui est remarquable.

Et aujourd’hui, est remarquable ce qui est quantifiable. Avant je ne sais pas si l’on accordait de l’importance à la qualité, si l’on parvenait à reconnaître les gens pour leur singularité et non pour leur place dans la société (ceux qui réussissent ou pas) ou pour leur appartenance à un groupe visible (homme/femmes, blancs/noirs…). Mais aujourd’hui en tout cas on ne le sait toujours pas.

Et pourtant, la qualité doit elle aussi être appréciable, difficilement, d’une manière complexe, mais cela doit être possible. Bien sur notre cerveau est trop habitué à faire des catégories simples, mais en se détachant de ces catégories préconçues, intériorisées, nous devrions pourvoir nous attacher justement aux singularités des êtres.

Je m’explique par une comparaison : Imaginez que vous marchez sur un éboulis de pierres toutes différentes mais quelconques. Soudain, à vos pieds, vous trouvez une pierre parfaitement plate et carrée : incroyable vous direz vous, comment la nature a-t-elle put, sans que ce soit vraiment du hasard, créer une pierre qui ressemble à une figure mathématique ? Et si vous en voyez une parfaitement ronde, vous allez vous dire pareil, et une autre encore ovale, ou en forme de cœur idem. Alors pourquoi ne vous direz pas la même chose d’une pierre qui ferait penser comme deux gouttes d’eau à la courbe y2=x3−x+1 ? Par manque de culture mathématique tout simplement. Je ne vous jette pas la pierre, j’aurais fait la même chose. Mais c’est dommage de ne pas pouvoir s’émerveiller devant une pierre qui répondrait parfaitement à cette fonction !

Il devrait pouvoir en être de la même façon pour la beauté des gens : au lieu de ne trouver belles que les personnes aux traits et harmonieux, on pourrait trouver une beauté singulière à un individu au grand nez, au menton fin et yeux enfoncés ! Et d’ailleurs parfois nous le faisons en appelant « charme » cette beauté que nous ne savons pas reconnaître. J’ose espérer qu’un jour, au lieu de ranger les individus dans des catégories aisément visibles, nous arriverons à apprécier chez eux les caractères atypiques, les comportements incongrus, les idées déviantes, les faiblesses, parce que pour chacun d’eux un savant mélange s’est opéré de manière unique.

Donc dorénavant, pour vous entraîner, lorsque vous marcherez en montagne, essayez de voir ce qui est peu remarquable, de vous émerveiller de chaque détail, ca vous servira aussi pour évaluer le manteau neigeux !

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