Perou 2005

KONICA MINOLTA DIGITAL CAMERA
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C’est Pérou qu’on grimpe ?

Huaraz, par son altitude, présente l’intérêt de boire des canons au vagamundo tout en s’acclimatant. Une fois cette tradition respectée, nous prenons enfin connaissance avec notre muletier, Alfonso, lequel nous accompagnera par la suite vers le pied du suila chico, futur objectif. Nous prenons donc le bus à vers Llamac où nous dormons dans une charmante petite auberge dont la salle à manger rappelle les années cinquante et la cuisine le moyen – âge (la cuisine se situe en fait entre le poulailler et l’étable). Je crois que c’est la sauce verte qui m’a rendu malade. Premier jour d’approche, tranquille, on s’acclimate doucement mais en voulant économiser sur le nombre de mules on est en fait presque aussi chargés qu’elles ! Au bout de 3 jours, nous sommes presque tous malades mais sont enfin au camp de base, a coté de la laguna sarapococha.

 

Puis les portages au camp avancé commencent ainsi que les repérages vers le pied de la face du Siula Chico.

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Au bout de trois heures à déambuler sur le glacier, juste après le camp avancé, nous constatons, impuissants, que nous avons parcouru à peine 200m. Petit à petit le rêve s’envole. On doit se rendre à l’évidence, on va prendre un gros but durant cette marche d’approche, le glacier est trop ouvert et crevassé pour espérer le franchir et atteindre le pied de la face sud du Siula Chico.

Enfin l’un de nous ose lâcher les mots redoutés : « on n’y arrivera pas, faut faire demi-tour». On redescend en croisant les traces errantes de nos essais infructueux. Exténués et démotivés on installe rapidement la tente, en espérant que la nuit nous portera conseil.

L’été est déjà bien entamé, les faces et les glaciers sont déjà bien secs. Il nous faut donc changer d’objectif et en scrutant toutes les montagnes aux alentours pour trouver une ligne plus accessible nous décidons d’aller repérer la face sud du Yejupara Sur.

A midi on décide d’agir, pierre et julien iront repérer le bas du Yerupaja sur, et françois et benoît partent faire un gros portage. Pour parfaire l’acclimatation, nous partons pour équiper les cinq premiers relais de la voie et laisser du matériel. Le départ est déjà technique avec des passages à 80°-90° en glace.

Puis vient le grand jour : nous partons dans la voie (malheureusement sans François qui doit repartir pour la France), refaisons la partie technique puis montons 250m plus haut, bien chargés, pour installer la tente vers 5550m. Nous remarquons que nous pouvons rejoindre le sommet par un itinéraire plus direct que l’arête ouest mais des séracs sont menaçants (on se dit qu’en partant de nuit ça devrait passer, même si en fait ca change rien).

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A 3h, nous entamons les premières pentes de glace. Les longueurs se suivent et se ressemblent. La glace dure et quelques ressauts à 85°-90° nous ralentissent. Les bras deviennent lourds. Les gestes sont automatiques. Un sérac, sous lequel nous passons, nous oblige à accélérer.

Enfin nous accédons sur l’arrête ouest du Yerupaja Sur, à environ 6300m. Il est 11h30. Encore quelques ressauts en glace et d’ice-flûtes avant d’arriver au sommet. Un trop court moment de contemplation, condensé de sentiments refoulés pendant l’ascension, précède le constat de la dure réalité : il faut descendre vite. En effet, le temps avance et nous ne connaissons pas la descente (plus a l’ouest) qui sera fatalement nocturne. Les rares lumières perdues nous ramènent à nous mêmes et à notre situation.

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Retour à Huaraz. Cette fois ci nous prendrons vraiment le temps de faire notre choix et nous nous renseignerons bien sur les conditions. Alfredo, un guide péruvien, nous révèle que la face Est de l’Ulta (5875m) est vierge. De toute façon la face Nord, que nous voulions gravir, est sèche.  Nous adoptons une technique plus légère et plus rapide, grâce à l’accès aisé de la cordillère blanche.

Nous prenons le bus 4X4 pour Chacas : celui-ci passe tout près de l’Ulta et franchit un col à 4900m avant de redescendre vers sa destination. Nous le quittons à 4200m. Quelques heures de marche nous mènent sous le glacier. Les sacs sont lourds : pas de mules cette fois-ci, hormis Benoît, le chauffeur de bus a refusé, non sans arguments, de les prendre.

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Pour parvenir au col nord-est, il nous faut franchir un glacier bien crevassé. Julien préfère renoncer (ses insensibilités aux doigts et ses douleurs au ventre auront eu raison de sa motivation). Nous nous retrouvons donc à porter quasiment la même quantité de matériel à deux et la crainte de la faim nous a empêché de rationaliser les rations. Les passages verticaux suivent les ponts de glace et nous guident au col : emplacement du second bivouac.

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Le jour de l’assaut, départ à 3h. Les premières pentes, faciles, sont vite dépassées. Puis un ressaut rocheux, contourné par la droite, nous durcit les bras. Le vent se lève : il devient impossible de s’entendre. Les mots laissent ainsi place aux regards. A chaque relais, sa tranche de saucisson. Quelques passages de glace sympathiques et originaux : un semi tunnel, un léger surplomb et pour finir un rétablissement délicat avant d’arriver au sommet (nous profitons d’une vue splendide sur la cordillère blanche). Nous nous efforçons de graver en nous mêmes ces précieuses minutes, d’en garder un souvenir parfait, même si je soupçonne Benoît de ne pas avoir toujours fait des tranches égales de saucisson.

Il faut encore se concentrer sur la descente et aller vite pour ne pas rester sous les séracs, certains sont déjà tombés sur nos traces de montée. Nous croisons deux vieux pitons à la descente : tentative ou réussite inconnue ?

Une nouvelle nuit au col nord-est et nous rejoignons le lendemain Julien au Tambo, la célèbre boîte de Huaraz. Et c’est autour d’un verre que nous faisons le bilan de cette expédition riche en expériences. Nous avons mesuré l’importance d’une équipe soudée et capable de changer rapidement ses plans, mais surtout nous avons découvert un pays splendide et accueillant où tout est possible.

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